Métro et autobus tapissés de collants syndicaux: une facture de nettoyage de 100 000$ pour la STM
Des milliers d'affiches ont été collées partout dans le réseau lors des négociations en 2025 et le travail pour les enlever n'est toujours pas terminé
En 2025, les employés de la STM sont allés loin pour faire entendre leurs revendications dans le cadre des négociations des conventions collectives. Ils ont déclenché des grèves qui ont entre autres complètement mis à l’arrêt le transport en commun à Montréal, une première en près de 40 ans.
Parallèlement, leurs membres ont aussi tapissé le réseau d’affiches et d’autocollants en grand nombre faisant la promotion des positions syndicales.
Le travail n’est pas terminé
Plus de 2300 affiches au total ont été dénombrées par l’employeur, autant dans les garages que dans les stations de métro et sur les autobus, selon des documents obtenus par Le Journal via une demande d’accès à l’information.
La STM a par la suite dû déclencher une importante opération de nettoyage. Elle y a affecté des employés qui ont mis plus de 2000 heures à décoller les affiches une par une. À ce jour, le travail n’est pas terminé et la facture continue de grimper.
« La quantité et le fait que c’étaient des autocollants ont fait en sorte que l’opération de nettoyage a été longue. Si ça avait été posé avec du ruban adhésif, ça aurait été plus facile à retirer », a expliqué Amélie Régis, porte-parole de la STM.
Selon les calculs de la STM tenant compte du salaire de 51 $ de l’heure de ses employés, la facture totale s’élève aujourd’hui à 107 000 $.
Pas de remboursement
La STM estime que ce n’est pas à elle d’assumer ces coûts et a envoyé la facture au Syndicat du transport, représentant les employés d’entretien et au Syndicat des chauffeurs, opérateurs et employés des services connexes.
Selon nos informations, le Syndicat des chauffeurs a refusé de payer et fait l’objet d’une procédure de grief de la STM. Le Syndicat du transport a accepté de rembourser jusqu’à 35 000 $, mais n’a toujours pas agi en ce sens.
Le syndicat des chauffeurs a refusé de répondre à nos questions, invoquant la procédure de grief en cours.
Pour Claude Gravel, avocat en droit du travail chez BCF, il est difficile de prédire quelle partie aura gain de cause.
« Il y a quelques cas et décisions [comme celui-ci] au Québec. Il y en a où des employeurs ont eu gain de cause et d’autres où ce sont les syndicats », explique-t-il, soulignant que les principes de droit à la propriété et de liberté d’expression s’opposent.





