«C’est inacceptable»: la STM fait pression pour éviter d’autres journées sans service les 15 et 16 novembre
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La Société de transport de Montréal (STM) compte faire pression sur le Tribunal administratif du travail afin d’éviter d’autres journées sans service les 15 et 16 novembre, lors du débrayage des chauffeurs d’autobus et des opérateurs de métro.
Lors de la première de leurs trois journées de grève, le 1er novembre, les autobus et métro étaient tous à l’arrêt, à l’exception du transport adapté.
Le Tribunal administratif du travail (TAT), qui a tranché en faveur de ce niveau de service dans une décision rendue à la fin du mois d’octobre, devra se pencher lundi sur les deux autres journées de grève.
Il est donc possible qu’aucun service ne soit offert pendant cette fin de semaine.
«On demande un meilleur niveau de service, a indiqué la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard, en point de presse, vendredi. Pour nous, c’est inacceptable. On va défendre les droits de la clientèle. On va aller au bout de l’influence qu’on peut jouer.»
Un appel à tous a été lancé afin que des personnes ou des organisations ayant été affectées par l’absence de service le 1er novembre fassent valoir leur point de vue au Tribunal administratif du travail.
«Pour nous, des fois, on regarde la santé et sécurité en termes de nombre de déplacements qui sont faits dans le transport collectif, mais il faut élargir la notion de santé et sécurité pour la population», a mentionné Mme Léonard.
«On a fait un appel à toutes les organisations qui vivent un impact pour qu’elles puissent demander un acte d’intervention au TAT», a-t-elle ajouté.
La première audience concernant le dossier de la grève des chauffeurs d’autobus au TAT aura lieu lundi matin.
Des avancées dans les négos?
La directrice générale de la STM a indiqué que des progrès avaient été réalisés au cours des derniers jours dans les négociations avec les chauffeurs d’autobus et les opérateurs de métro.
Bien qu’une entente ne soit pas encore imminente, Mme Léonard a avancé que des compromis ont été trouvés sur certains points afin de réaliser des économies qui pourront être réinjectées dans les salaires de ces employés.
«Je pense vraiment qu’on a un momentum, a-t-elle dit. Ça roule rondement. Il y a beaucoup d’éléments qu’on regarde. Il y a des pistes de solution. Je suis confiante qu’on puisse y arriver.»
Du côté des employés d’entretien, dont la grève de 28 jours bat son plein depuis le 1er novembre, les négociations semblent moins avancées.
«C’est sûr qu’on est plus loin, a-t-elle soutenu. On peut trouver une voie pour débloquer ça, comme on peut être au même point. Si on est au même point, on verra les solutions qui s’offrent à nous.»
«Nous devons respecter le cadre financier [qui] vient du fait que la STM est dans un contexte financier sans précédent. Il en va de la vitalité de la STM, mais aussi de la protection du niveau d’offre de service pour notre clientèle», a-t-elle renchéri.
Le syndicat du transport de Montréal, qui représente les employés d’entretien, pointe du doigt la STM pour expliquer la lenteur des négociations.
«Il y a une seule raison pour laquelle nous n’avons toujours pas d’entente et que la grève continue et c’est la rigidité de la STM, a indiqué le président du syndicat, Bruno Jeannotte.
«En plein milieu d’une grève qui a des impacts majeurs, la STM continue de vouloir nous donner des salaires bien en deçà des comparables et d’ouvrir toute grande la porte à la sous-traitance», a-t-il ajouté, dans un communiqué.
Les sorties de Boulet «nuisibles» selon le syndicat
En entrevue à QUB radio et télé, diffusé simultanément au 99,5 FM Montréal, M. Jeannotte a par ailleurs décrié les dernières sorties du ministre du Travail, Jean Boulet, au sujet du conflit de travail.
Le ministre caquiste a laissé entendre qu'il considérait devancer la mise en application de la loi 89, qui doit entre en vigueur le 30 novembre et qui aura des conséquences concernant le droit de grève.
«Les sorties du ministre Boulay sont nuisibles, a-t-il dit. Pour nous, elles sont à la limite déloyales dans le sens qu'on est allé rencontrer la mairesse et la mairesse a mis un délai en nous disant "dans les dix prochains jours, on est mieux que vous ayez une entente négociée, négociez puis trouvez une entente"».
«Il ne reste pas des tonnes de choses à régler la table de négociations, a-t-il ajouté. Si les partis ont les bons mandats, sont de bonne foi, on va régler rapidement.»
Ce dernier estime que si le ministre n'était pas sorti publiquement pour menacer de devancer l'entrée en vigueur de la loi, les partis auraient pu s'entendre plus rapidement.
«Notre perception, c'est que l'employeur actuellement, il n'est pas en faveur de régler», a-t-il lancé. Si [la loi 89] était devancée au 15 par exemple, ça veut dire qu'il reste neuf jours avant de voir la loi 89.»
«Donc la STM a tout le beau jeu d'essayer de se rendre en disant "Je vais aller faire bonne parure auprès des médiateurs pour me rendre aux neuf jours, mais je ne réglerai jamais"», a-t-il continué.
Ultimatum de Martinez Ferrada
Marie-Claude Léonard a indiqué de son côté qu’elle comptait tout mettre en œuvre pour respecter le délai du 15 novembre prescrit par la nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, en début de semaine.
«Si on n’arrive pas à se rapprocher, à discuter et tendre vers une entente pour le 15 novembre, on va devoir regarder l’ensemble des possibilités, dont celle d’un arbitrage de différends.»
«Comme employeur, un arbitrage de différends, ça ne fait pas plus notre affaire. Une entente négociée, c’est toujours meilleur qu’une entente décidée. Si c’est ce que ça prend pour arrêter les moyens de pression sur notre clientèle, on va aller de l’avant.»
Cet arbitrage devrait toutefois être entériné par les deux parties avant d’avoir lieu.
Il pourrait également être imposé par le gouvernement du Québec, advenant l’adoption d’une loi spéciale.