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Marie-Laurence Delainey

Journalistes

 

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Des enjeux de santé chez les chauffeurs de la STM à cause des nids-de-poule

 

 

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Douleurs lombaires, maux aux avant-bras, stress chronique: le nombre ahurissant de nids-de-poule cette année ne brise pas que les véhicules, il compromet aussi la santé de ceux qui gagnent leur vie derrière le volant, comme les livreurs et les chauffeurs de taxi et d’autobus.

 

 

«Il y a pas mal de chauffeurs qui sont malades à cause de ça», raconte un conducteur d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM) qui préfère garder l’anonymat. L’homme, qui cumule une dizaine d’années d’expérience, explique que les maux physiques de ses collègues causés par l’état des routes se multiplient.

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Photo Agence QMI, MARIE-LAURENCE DELAINEY
 
 

«Je connais personnellement un ami qui est en arrêt de travail à cause des nids-de-poule. [Il a eu] des problèmes de dos. Ce n’est pas normal. Malgré le siège [à suspension pneumatique], ça donne des coups dans le dos», déplore-t-il.

Photo Agence QMI, MARIE-LAURENCE DELAINEY

L’Agence QMI a sondé près d’une dizaine de conducteurs de la STM et leur constat est sans appel: cette année est la pire de toutes et les conséquences sont nombreuses. Un autre employé rencontré à l’une des installations de la STM, sur la rue Frontenac, confie avoir dû consulter un ostéopathe pour des douleurs lombaires.

«C’est rendu que j’en ai même mal à la tête. Le stress, l’hypervigilance. Les automobilistes ne comprennent pas: tu ralentis, tu te tasses, ils se fichent de toi. Je comprends, tout le monde est à bout, mais ça me draine», déplore-t-il.

«Mentalement, je suis tanné, ajoute un collègue. Il y a des trajets que je ne veux plus faire, comme la 22 sur Notre-Dame! C’est rendu que je m’excuse à la clientèle. Je fais un seul trajet et je ressors avec trois commotions cérébrales», lance-t-il avec une pointe d’ironie.

Des secteurs critiques

La plupart des trajets sont problématiques aux dires d’Angel Espinoza, conducteur de la STM depuis 2012. «Les pires endroits, coin de De Lorimier, Sherbrooke. C’est très dangereux. Au coin de Robert-Bourassa et Sherbrooke aussi. Sur Notre-Dame. Au coin de Pie-IX, ce n’est pas facile aussi. Il y a plusieurs endroits.»

L’Agence QMI s’est déplacée à l’angle de De Lorimier et Sherbrooke, une intersection dont il a été question dans les médias pour ses nombreux cratères. L’impact sur la circulation y est majeur, autant pour les autobus que pour les véhicules de livraison et les taxis.

«[Des nids-de-poule], il y en a partout. Quand il y a des places comme [ici sur De Lorimier et Sherbrooke], on n’a pas le choix. Parfois, il faut faire un détour, des fois, tu ne les vois pas venir non plus», explique un employé de Postes Canada, François Corriveau.

Signalements en hausse

En janvier, la Ville de Montréal a reçu 4144 signalements pour des nids-de-poule, soit cinq fois plus que l’an dernier. Ce bond impressionnant ne surprend pas le mécanicien de poids lourds Dominic Gagnon.

«Il y a deux semaines, j’ai brisé mon camion sur l’autoroute, raconte-t-il. C’est tout le temps les mêmes qui paient. C’est affreux comment les villes entretiennent les routes.»

Ce dernier explique que sa marge de manœuvre est mince: contrairement aux voitures, son poids lourd l’empêche de bifurquer vers des chemins alternatifs pour contourner les trous, puisque de nombreuses artères secondaires sont interdites aux camions.

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