Pour se conformer à la loi: la STM interdit à ses employés de prier sur le lieu de travail
La société de transport veut toute même garder ouvertes ses salles de ressourcement qui peuvent selon elle servir à la méditation ou au yoga
La Société de transport de Montréal (STM) a informé ses employés qu’ils ne pourront plus prier sur ses installations dès mardi prochain, à l’entrée en vigueur d’une interdiction de la nouvelle loi sur la laïcité.
« Si vous avez l’habitude de pratiquer la prière sur votre lieu de travail, quel que soit l’endroit, vous comprendrez qu’il ne sera malheureusement plus permis de le faire. Dans les circonstances, il est normal que vous soyez déçu ou attristé. Au besoin, on vous encourage à en parler avec votre gestionnaire afin d’échanger à ce sujet », a écrit la STM mercredi dans un message interne obtenu par Le Journal.
Le 1er septembre, certaines dispositions de la Loi sur renforcement de la laïcité commencent à s’appliquer partout dans la province, dont l’interdiction de prier dans tous les lieux des organismes publics.
Le Journal avait rapporté en décembre 2025 que les « salles de ressourcement » s’étaient multipliées ces dernières années dans quatre garages de la STM, à la demande d’employés qui prient sur les lieux de travail.
À l’époque, la société de transport avait dit avoir aménagé ces salles après avoir observé des travailleurs prier dans des endroits non sécuritaires comme des dessous d’escaliers. Cela ne faisait toutefois pas l’unanimité car d’autres employés redoutaient que les salles suscitent de la polarisation.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Les salles restent ouvertes
Par courriel, le porte-parole de la STM Kevin Bilodeau précise que des affiches annonçant l’interdiction de prier seront installées à l’entrée et à l’intérieur des salles de ressourcement.
« Si un gestionnaire est témoin d’une pratique religieuse sur les lieux de travail, il est invité à intervenir de façon humaine auprès de l’employé pour lui rappeler la réglementation », a-t-il mentionné.
Malgré ce changement, les salles de ressourcement resteront ouvertes. L’an dernier, une source familière avec l’utilisation de deux locaux avait confié qu’ils étaient essentiellement utilisés pour les prières d’employés de confession musulmane.
Le porte-parole affirme tout de même qu’elles peuvent servir à d’autres activités de détente comme « la méditation, la relaxation et le yoga », mais la STM se réserve le droit de les fermer « selon l’évolution de la situation ».
Ce qui est interdit à partir du 1er septembre
Dans les lieux sous l’autorité d’organismes publics, la « pratique religieuse » sera désormais interdite.
La loi définit la pratique religieuse comme « toute action, à l’exception du port d’un signe religieux, pouvant raisonnablement constituer, en fait ou en apparence, la manifestation d’une conviction ou d’une croyance religieuse ». Les pratiques culturelles des Premières Nations et des Inuits demeurent autorisées
Seuls certains lieux sont exemptés, comme les prisons, les écoles privées subventionnées, certains établissements de santé.