Publié le 20 Février 2026
STM Grand Montréal
La STM réclame plus de 62 millions à ses fournisseurs
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
Le garage d’autobus Bellechasse de la STM
La La Société de transport de Montréal (STM) réclame plus de 62 millions aux trois firmes responsables de la construction du garage Bellechasse, en leur reprochant d’avoir commis des fautes graves qui ont retardé le projet et fait bondir le budget initial.
« Au final, les honoraires versés […] aux termes du contrat ont essentiellement triplé, le coût du projet a plus que doublé et la livraison a été retardée de manière significative. Cette conduite téméraire révèle un manque de professionnalisme, de rigueur et de respect », martèle le transporteur montréalais dans sa poursuite.
Celle-ci a été rendue publique vendredi au palais de justice de Montréal. Trois fournisseurs sont visés par la poursuite, à savoir la firme d’architecture-design Lemay, ainsi que les groupes d’ingénierie AtkinsRéalis (anciennement SNC-Lavalin) et Bouthillette Parizeau Inc.
Lemay est écorchée pour n’avoir pas produit des plans complets pour la superstructure d’acier. La firme d’architecte a « faussement représenté à la STM que les plans remis à la date de dépôt des soumissions […] étaient complets à 100 %, ce qui a eu un impact négatif sur la fabrication de la charpente », lit-on dans le document.
La STM a annoncé dès jeudi soir qu’elle se tournerait vers les tribunaux dans l’épineux dossier du garage Bellechasse, situé dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.
Au moment de son lancement, en 2017, la projet avait un budget initial du projet de 254 millions de dollars, mais cela a doublé en moins de cinq ans. Résultat : en 2022, la facture était estimée à 584 millions.
Le chantier avait débuté en 2019, et devait à l’origine être terminé en 2022, mais plusieurs problèmes ont retardé sa livraison. La STM a parlé de l’automne 2024 pendant un moment, mais le garage a finalement ouvert ses portes à l’automne 2025.
Des risques écartés
Atkins Réalis n’est pas en reste. Selon la STM, la firme n’a pas suffisamment « considéré les impacts de la présence de shale », une roche réputée pour sa tendance à fendre en petites couches. Le « risque de gonflement de la pyrite », autrement dit du remblai sous la dalle de béton, n’a pas non plus été évalué convenablement, d’après la poursuite.
« Ces fautes ont causé des coûts directs et indirects additionnels importants, des délais significatifs en plus de causer, de manière plus générale, des impacts perturbateurs majeurs dans le déroulement du projet », martèle la société.
La STM déplore que des « modifications tardives de la volumétrie du buton […] ont provoqué une surexcavation locale, rendu nécessaire une reconstruction de grande envergure et, surtout, retardé la conception ». Le système de désenfumage, qui évacue la fumée et les gaz toxiques vers l’extérieur, a par ailleurs été installé en retard, selon la STM.
Quant à Bouthillette Parizeau Inc, la firme est accusée de n’avoir pas respecté certaines recommandations liées aux postes primaires de distribution électrique, soit « les distances de dégagements nécessaires pour protéger les installations et les travailleurs d’arcs électriques […] rendant nécessaire la mise en place de mesures de protection supplémentaires ».
La Cour supérieure devra maintenant trancher à savoir si les procédures judiciaires pourront aller de l’avant.
Outre ses retards et dépassements de coûts, le garage Bellechasse ne pourra pas accueillir d’autobus électriques avant un moment encore, alors qu’il s’agit de sa vocation de base. La STM doit en effet encore réaliser des travaux supplémentaires en matière de sécurité et de technologies avant d’y arriver.