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On lui crache dessus à Berri-UQAM: nouvelle hausse des agressions dans le métro de Montréal

Une voie de fait vécue samedi par Pascale Guérard s’inscrit dans une augmentation de ce phénomène dans le réseau de transport

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La station Mont-Royal. Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

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Le nombre d’agressions physiques survenues dans le métro de Montréal a atteint un sommet l’an dernier, malgré l’implantation d’une mesure de la Société de transport de Montréal censée renforcer le sentiment de sécurité des usagers.

« Restez sur vos gardes, parce que maintenant, ce n’est plus sécuritaire dans le métro », prévient Pascale Guérard, une usagère qui s’est fait cracher au visage la fin de semaine dernière à la station Berri-UQAM.

Son expérience s’inscrit dans une hausse des voies de fait, dont le fait de cracher sur quelqu’un fait partie, qui ont atteint un record de 726 en 2025, et qui ont plus que doublé en cinq ans, selon des données transmises au Journal par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Cette tendance pousse aussi à la hausse le nombre d’évènements violents dans le réseau, malgré de légères baisses dans d’autres catégories, comme les vols qualifiés et les agressions sexuelles.

 

Nombre d'interventions du SPVM dans le métro

 

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Salive d’inconnu sur les lèvres
 

Mme Guérard s’est retrouvée bien malgré elle victime du phénomène samedi midi, alors qu’elle allait dîner avec son ami.

« C’était à Berri-UQAM, il y avait vraiment beaucoup de monde. On se précipite pour aller dans un wagon. J’étais juste sur le bord de la porte. »

Soudainement, elle a vu quelqu’un s’approcher dans son angle mort.

« Là, je sens quelque chose sur moi. Je regarde mon manteau, et j’ai dit : “ark, quelqu’un m’a craché dessus” », relate-t-elle.

Son ami a vu le suspect déguerpir. Quant à Mme Guérard, elle a dû s’arrêter dès qu’elle a pu pour s’acheter du désinfectant et s’en mettre partout, dont sur les lèvres où elle a reçu du crachat d’inconnu.

Liens avec la drogue

La commandante Angélique Beaudet, cheffe de la section métro du SPVM, soutient que c’est surtout en début d’année 2025 que les voies de fait ont été plus nombreuses. En réponse, elle a fait doubler les actions de la police dans le réseau en matière de lutte aux stupéfiants, qui seraient liés au phénomène.

« On constate souvent, souvent que ça implique des gens qui ont des liens entre eux. C’est rarement aléatoire. »

Pour Kevin Grenier, président de la Fraternité des constables et agents de la paix STM (CSN), une bonne partie du phénomène est lié aux problèmes d’itinérance, de santé mentale et de toxicomanie bien connus et omniprésents depuis quelques années.

« Il y a aussi des usagers qui ne respectent pas les règlements. Il y a des bons clients qui sont tannés et qui osent passer des commentaires. Même si c’est super poli, les gens réagissent mal. Je pense que les gens sont de plus en plus susceptibles et réactifs », ajoute-t-il.

En juin 2025, la Société de transport de Montréal (STM) avait rendu permanente l’interdiction de flâner dans le métro, citant une hausse du sentiment de sécurité et une baisse de la criminalité après un mois et demi de test. Or, l’efficacité de la mesure est contestée par le Syndicat des constables spéciaux (voir autre texte ci-dessous).

La STM a refusé notre demande d’entrevue.

 

Une interdiction de flâner inefficace ?

 

Chaque mois, les constables spéciaux interviennent des milliers de fois pour obliger des personnes à circuler dans son réseau depuis que la STM a mis en place cette mesure en juin 2025, qui a été critiquée par des groupes de défense des sans-abri, selon des données obtenues par Le Journal.

La Société de transport a indiqué au Journal que ses constables ont utilisé cette obligation 2400 fois en décembre dernier et 2500 fois en janvier.

« L’obligation de circuler est un levier qui nous permet de garder l’équilibre social dans les stations, en agissant sur l’occupation des installations pour des raisons non liées au transport », a rappelé Laurence Houde-Roy, porte-parole de la STM qui avait implanté cette mesure pour ramener le sentiment de sécurité chez les usagers devant les craintes liées à l’omniprésence de l’itinérance et de la toxicomanie dans le réseau.

Mais pour Kevin Grenier, président de la Fraternité des constables et agents de la paix STM (CSN), la mesure n’est pas mauvaise en théorie, mais en pratique, elle est inefficace, notamment en raison du manque d’effectifs.

« Quand ils ont décidé de mettre ça en vigueur, il y a eu des températures assez clémentes et ç’a faussé les données. On n’est pas assez d’agents pour le faire systématiquement. Il faudrait qu’on soit toujours deux par station », souligne-t-il, précisant qu’une personne peut se faire demander de ne pas flâner cinq à sept fois par jour et devenir agressive.

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